CSA Canadian Securities Administrators

Les placements à l’étranger vendus sur Internet peuvent
vous faire perdre toutes vos économies

L’expression « services bancaires extraterritoriaux » peut évoquer les îles tropicales et des personnages distingués, dignes de James Bond, qui discutent discrètement de contrats portant sur des millions de dollars.

Mais à l’ère d’Internet, il est plus probable qu’elle évoque des escrocs résolus à dépouiller les investisseurs qui leur font confiance.

« Ces escrocs ont ouvert boutique dans les régions les moins réglementées du monde et ils se servent d’Internet pour parcourir le globe à la recherche de victimes », déclare Doug Hyndman, président des Autorités canadiennes en valeurs mobilières, qui regroupent les treize organismes de réglementation des valeurs mobilières des provinces et territoires du Canada.

Plusieurs provinces enquêtent actuellement sur des escroqueries dans lesquelles les auteurs ont utilisé Internet pour faire la promotion de soi-disant possibilités d’investissement à l’étranger. De son côté, la GRC mène des enquêtes dans plusieurs collectivités.

Quelle est l’étendue du problème?

Tapez les mots « high yield offshore investments » (placements étrangers à haut rendement) dans n’importe quel moteur de recherche sur Internet, et vous obtiendrez une longue liste de sites Web, tous conçus pour soutirer l’argent d’innocents investisseurs. Bon nombre de ces sites sont exploités à partir des Caraïbes, du Pacifique Sud ou de l’Amérique latine.

Certains d’entre eux font la promotion de « clubs d’investissement » dont la « cotisation » s’élève à plusieurs milliers de dollars. Ces sites offrent parfois de payer des « commissions pour recommandation » à ceux et celles qui persuadent d’autres personnes d’y investir leur argent.

D’autres sites prétendent représenter des « banques internationales » qui offrent des occasions d’investissement promettant des profits mirobolants, souvent de l’ordre de 200 pour cent.

M. Hyndman prévient les investisseurs que ces sites Web ont une chose en commun : ils n’expliquent jamais les modalités du placement, mais dissimulent plutôt leur offre sous le jargon compliqué de la finance internationale, de titres de premier ordre et d’un monde secret d’opérations bancaires réservées aux plus fortunés.

Ce genre d’offres devrait vous mettre la puce à l’oreille. La plupart de ces sites sont des escroqueries conçues pour vous soutirer le plus d’argent possible.

Nombre de ces sites sont conçus pour attirer les personnes qui se méfient du gouvernement. Ils font valoir qu’il est possible de réaliser des profits faramineux sans payer d’impôts si l’on place son argent à l’étranger.

Or, s’il est légal pour les Canadiens de placer leur argent à l’étranger à condition qu’ils paient des impôts sur les sommes en cause et les intérêts gagnés, ces sites les encouragent à investir pour éviter l’impôt, et donc à violer les lois du Canada.

« Quiconque vend des produits de placement étrangers dans une province ou un territoire du Canada doit être inscrit auprès de la commission des valeurs mobilières pertinente », ajoute M. Hyndman.

« Dans la plupart des cas, les personnes qui se servent d’Internet pour vendre des produits de placement étrangers ne sont pas inscrites. Elles contreviennent donc à la législation en valeurs mobilières. »

Autrement dit, c’est courir de grands risques que de placer son argent dans des titres annoncés sur Internet.

Demandez-vous ce qu’il en est en réalité : si un journal offrait une Porsche Boxster flambant neuve au prix de 1 000 $, vous contenteriez-vous de payer sans vous poser de questions? La plupart des gens feraient un essai de conduite et emmèneraient l’auto chez un mécanicien pour la faire inspecter. Mais surtout, ils demanderaient pourquoi le prix demandé est si modique.

Alors pourquoi se laisser entraîner à envoyer des milliers de dollars à des inconnus, à des gens avec lesquels on ne peut communiquer qu’au moyen d’Internet?

Le slogan « enquêtez avant d’investir » est on ne peut plus pertinent dans ce cas.

Pour de plus amples renseignements, prière de vous adresser à l’autorité en valeurs mobilières de votre province ou territoire (le nom de la personne-ressource locale sera ajouté par la CCNA).